Pourquoi les jeunes d’aujourd’hui n’aiment pas la lecture ?

Pourquoi les jeunes d'aujourd'hui n'aiment pas la lecture ?

84 % des jeunes aiment lire et 42 % adorent lire des livres (données statistiques publiées par le CNL dans “Les jeunes et la lecture 2022”).

Néanmoins, les données sont également formelles sur le point suivant : de moins en moins de jeunes apprécient la lecture. Quelles sont les raisons qui expliqueraient qu’un adolescent de notre époque n’aime pas lire ?

Dans cet article, nous essayerons de mieux comprendre ce phénomène et d’y apporter des réponses.

Une baisse de l’attention et des difficultés à se concentrer

Une baisse de l'attention et des difficultés à se concentrer

“Jérôme est professeur d’histoire-géo dans le Val-de-Marne. En dix-sept ans de cours dans le même établis­sement, il a vu l’attention de ses élèves ­se dégrader. Leurs difficultés à se concentrer sur les documents, à rentrer dans les textes, à associer les informations entre ­elles, alors qu’il y a dix ans, tout cela était possible.” Source : Le Monde – “Le combat pour l’attention est à mener avec les étudiants”

Le témoignage de Jérôme dans Le Monde peut à lui seul expliquer une des principales raisons pour lesquelles les jeunes n’aiment pas la lecture : ils n’arrivent tout simplement pas à se concentrer pendant une période de temps prolongée.

  • Avec des réseaux sociaux comme TikTok qui diminuent le temps d’attention des jeunes, il est devenu très difficile pour eux de se concentrer plus de quelques minutes d’affilée. 
  • Le contenu qu’ils regardent se consomme très rapidement : des vidéos de dix secondes sont balayées au bout de deux secondes parce qu’elles ne captivent pas leur attention assez vite.
  • La lecture est une activité qui demande beaucoup d’attention, de la concentration et de la patience.
  • Étant donné qu’il faut en moyenne 1 minute à 1 minute 30 pour lire une page d’un livre, c’est un temps d’attention que les jeunes ne sont plus capables d’accorder à ce genre d’activité.

Ce sont des arguments qui laissent facilement imaginer à quel point un adolescent peut trouver le temps long et ennuyant lorsqu’il se retrouve avec un livre entre les mains, et donc ne pas prendre de plaisir à lire.

Des divertissements faciles d’accès

L’accès au divertissement n’était pas aussi facile dans le passé. Toutes les familles n’avaient pas plusieurs ordinateurs et plusieurs smartphones connectés à Internet dans leur foyer.

Si vous vouliez vous divertir ou apprendre de nouvelles choses, vous deviez regarder la télévision, lire un livre ou attendre votre tour sur l’ordinateur (expérience vécue).

De nos jours, il est possible d’accéder à toutes ces choses en quelques clics. Les plus jeunes commencent à avoir leur smartphone dès le collège, grâce auquel ils ont tout à portée de main : séries, films, documentaires, animés, jeux vidéo, streaming. Ils passent quotidiennement plus de 3 heures devant un écran (Source CNL : “Les jeunes et la lecture 2022”).

Découvrez pourquoi il est plus intéressant de lire plutôt que de regarder la télévision en lisant cet article.

Une addiction pour les réseaux sociaux

Une addiction pour les réseaux sociaux

J’ai la vingtaine passée, des responsabilités, des passions, je connais mes priorités et pourtant, il y a des moments où les réseaux sociaux me captivent tellement que j’arrive à passer plusieurs heures dessus.

En d’autres termes, je perds mon temps en scrollant et en regardant des stories qui n’apportent rien de plus à ma vie (bien au contraire). Même si je ne fais rien de spécial, je suis totalement captivé. Le côté addictif des réseaux sociaux est si puissant que je pourrais y rester toute la journée si je ne m’imposais pas de self-control. Alors imaginez l’effet sur un jeune qui n’a pas beaucoup de responsabilités…

Si les parents ne sont pas derrière à conseiller la lecture comme activité et à le faire décrocher des réseaux sociaux, il n’a aucun intérêt de le faire.

Un algorithme qui s’adapte à nos préférences

Étant donné que l’algorithme des réseaux sociaux s’adapte à nos préférences et nous fait voir ce que nous aimons voir, il est devenu très difficile pour une personne qui ne s’intéresse pas à la lecture de voir des publications en rapport avec cette activité.

Par exemple, même si j’apprécie la lecture et que je lis beaucoup de livres, je ne vois pas de posts en rapport avec la lecture sur mes fils d’actualités. Mon “Pour toi” de TikTok comporte principalement des vidéos en rapport avec le sport, les arts martiaux et la musique. C’est parce que ce sont les sujets que je recherche et avec lesquels j’interagis que l’algorithme les favorise et me les montre.

Plus j’en regarde et plus TikTok m’en fait voir, mais il ne me fait pas découvrir de nouvelles thématiques. 

Une gratification instantanée

Une gratification instantanée

Les jeunes ont du mal à se projeter dans le futur et à visualiser les avantages à long terme que peuvent avoir certaines de leurs actions présente. Ils ne considèrent donc pas la lecture comme étant une activité bénéfique.

Essayons de nous mettre à la place d’un jeune en 2023 :

  • Il est conscient qu’il peut obtenir toutes les informations qu’il désire en moins de quelques secondes, juste en regardant des shorts sur YouTube, des réels sur Instagram ou sur TikTok.
  • Il peut éprouver du plaisir très rapidement en jouant aux jeux vidéo et en regardant ses séries favorites à la télévision.

Quel intérêt aurait-il à s’asseoir et à lire un livre pendant plusieurs heures ? Aucun en comparaison du plaisir instantané qu’il peut obtenir grâce aux actions précédemment citées.

Un système éducatif qui ne développe pas le plaisir de la lecture

Les jeunes ne sont pas du tout motivés et incités à lire des livres qui seraient susceptibles de leur plaire. Il est essentiel que le système éducatif se mette à leur place et qu’il comprenne mieux leur goût pour faire changer les choses !

À l’école, les professeurs imposent à leurs élèves de lire des œuvres de littératures telles que : 

  • “Madame Bovary” de Gustave Flaubert
  • “Le malade imaginaire” de Molière
  • “Le Rouge et le Noir” de Stendhal

La littérature française a une très grande importance dans la compréhension de notre culture, de notre pays et de notre langue, mais elle ne correspond pas aux attentes des jeunes d’aujourd’hui.

Peu d’entre eux arrivent vraiment à s’identifier à ce genre littéraire et à apprécier la façon dont les sujets sont traités. Les statistiques le prouvent, la plupart des jeunes préfèrent lire des romans, des mangas et des BD pendant leurs lectures de loisirs.

Personnellement, j’ai détesté la lecture jusqu’au jour où le livre qu’on m’a imposé de lire à l’école n’était pas de la littérature française, mais une autobiographie.

J’étais en 4ème au collège lorsque mon professeur de français nous a demandé de choisir parmi trois livres à lire. De manière aléatoire, j’ai choisi le livre s’intitulant “Le gone du Chaâba” de Azouz Begag.

Un système éducatif qui ne développe pas le plaisir de la lecture

Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais étant donné que j’allais être noté sur ma compréhension de l’œuvre et que je n’avais pas vraiment le choix, j’ai lu le livre.

J’ai apprécié chaque instant que j’ai passé à lire, parce que le récit était passionnant et que je pouvais me reconnaître et m’identifier à l’auteur. Au final, j’ai eu un 20/20 à l’évaluation de lecture (je garde précieusement la feuille chez moi).

Bien que ce ne soit que des années plus tard que je suis vraiment tombé amoureux de la lecture, cette expérience m’aura permis de changer ma vision des livres à tout jamais.

Mon histoire personnelle prouve bien que le problème n’est pas les livres, ni les jeunes, mais la façon d’encadrer et d’aborder la lecture à l’école.

Des influences externes qui n’encouragent pas les jeunes à lire des livres

Si les jeunes aiment de moins en moins la lecture, c’est parce qu’ils ne sont pas influencés positivement à le faire. Ils ont une impression négative et faussée des livres.

C’est lorsque nous sommes jeunes que nos goûts se construisent et se développent. Si nous percevons une activité comme étant ennuyeuse ou nulle, et que personne n’en parle autour de nous, nous serons beaucoup moins incité à la pratiquer.

Prenons par exemple les influenceurs sur les réseaux sociaux et à la télévision, peu d’entre eux font la promotion de la lecture de manière générale (sauf pour mettre en avant leur propre œuvre). Nous savons à quel point leur influence est grande, car les jeunes imitent ces personnes et les suivent avec ferveur.

Il ne s’agit pas là d’un blâme, mais d’un constat : la plupart des influenceurs ne sont pas intéressés par la lecture et n’en font pas la promotion.

L’interdiction de la promotion des livres à la télévision et à la radio française

L'interdiction de la promotion des livres à la télévision et à la radio française

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous ne voyez jamais de publicité sur les livres à la télévision ?

La réponse est simple, il existe en France des lois interdisant la promotion commerciale des livres afin de “préserver l’intégrité éditoriale et de protéger la littérature en tant que bien culturel”. Cette législation qui est censée protéger, agit également comme une barrière qui empêche d’inciter les jeunes à lire des livres.

Par exemple, à l’inverse des publicités qui nous incitent à manger des fast-food, nous ne sommes pas bombardés par des signaux nous incitants à lire quotidiennement et à apprécier la lecture.

Si les parents ne transmettent pas le goût de la lecture à leurs enfants dès leur plus jeune âge, c’est une habitude qui devient plus difficile à adopter lorsqu’ils grandissent.

À cause de ça, la volonté de lire un livre doit provenir de soi-même, ce qui représente un obstacle supplémentaire justifiant la baisse de popularité de la lecture.

Si cet article vous a plu, je vous invite à consulter mon article répondant à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur la lecture.